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L’autonomie : une gestion libérale pour une Ecole à deux vitesses

Tribune publiée le 16 janvier 2011 dans Marianne 2
François COCQ est Secrétaire national à l’éducation du Parti de GaucheFrancis DASPE est Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée

A l’image des médecins du Malade imaginaire de Molière préconisant la saignée pour tout remède, les Diafoirus du système éducatif crient dans un réflexe pavlovien « autonomie ! » dès que l’on parle Ecole. L’autonomie de l’université promue par la loi LRU du 10 août 2007 ne représentait que le galop d’essai : ce sont maintenant le primaire et le secondaire qui sont dans la ligne de mire !
Le 12 janvier, Christian Nique, en charge d’une première évaluation de six mois du dispositif CLAIR (collèges et lycées pour l’innovation, l’ambition et la réussite) mis en œuvre dans 105 établissements, s’est ainsi empressé d’annoncer la généralisation de celui-ci à 249 collèges et 1725 écoles pour la prochaine rentrée. Au programme : recrutement des enseignants « sur profil », contrat d’objectif pour l’établissement, pluri-disciplinarité pour les professeurs, mutualisation des enseignants entre le primaire et le privé, latitude laissée dans la DHG (dotation horaire globale) pour aménager le temps scolaire et les enseignements eux-mêmes ! Soyons clairs justement : cette manœuvre ne vise rien moins que lancer à grande échelle l’autonomie des établissements. Avec tout ce qu’elle porte en elle comme atteintes à l’Ecole de la République.

L’autonomie signifie d’abord mise en concurrence des établissements scolaires, en parfaite cohérence avec la suppression de la carte scolaire : la liberté d’inscrire ses enfants dans l’établissement de son choix sera dès lors reconnue aux parents. Perspective totalement illusoire, car la logique de cette disposition aboutira nécessairement à une inversion radicale : ce seront in fine les établissements (une partie de ceux bénéficiant initialement d’avantages comparatifs) qui choisiront leurs élèves, tandis que les autres en seront réduits à accueillir les élèves non désirés ou pour qui il sera trop difficile de s’extraire de leur enracinement territorial ou de leur appartenance sociale. Dans le même temps, force est de constater les avantages toujours plus nombreux concédés à l’enseignement privé (à 95% confessionnel) qui se prépare à s’attaquer avec voracité à ce grand marché des établissements qui lui est offert sur un plateau.

L’autonomie : une gestion libérale pour une Ecole à deux vitesses dans Education moz-screenshotLa volonté d’octroyer des pouvoirs accrus aux chefs d’établissements vise quant à elle à les transformer en chefs d’entreprise, notamment en matière de gestion des personnels et du déroulement de leurs carrières. Tout cela au mépris des statuts comme le confirme la récente sortie de Christian Jacob. La possibilité de recruter et de mettre à pied les personnels viendrait couronner le nouvel édifice au nom du tropisme d’une gestion managériale parée de toutes les vertus. Le renforcement de l’autonomie favorise également l’ingérence des pouvoirs locaux et des intérêts privés (élus, chefs d’entreprise et notables de tous ordres) dans le fonctionnement de l’Ecole. C’est aller à rebours d’une évolution séculaire : l’institution scolaire s’est construite par une mise à distance salutaire de toute forme de pressions d’ordre consumériste et des agissements clientélistes de féodalités locales. Mise à distance qui signifiait la prise en considération prioritaire de l’intérêt général au détriment des revendications particularistes et privées que ces intrusions induisent de fait.

Les incidences dans le domaine pédagogique ne sont pas moindres. Le but recherché est le démantèlement du cadre national qui structure jusqu’à présent notre système éducatif, et ce en dépit des entorses qui lui ont été faites au cours des dernières années : programmes et examens nationaux, modalités de recrutement des enseignants. La réussite à un concours accorde aux professeurs un statut protecteur indispensable à un exercice empreint de sérénité de leurs fonctions. C’est précisément ce statut, qui est la garantie du service public et donc de l’intérêt général, que l’on cherche à rogner méthodiquement par tous les moyens.

Congrès du PG au Mans, novembre 2010Se dessine un nouveau mode de gestion fondé sur la généralisation de la contractualisation, dont dépendrait l’allocation des moyens mis à disposition des établissements. Ces moyens seraient fonction de la réalisation de contrats d’objectifs déterminés de gré à gré avec les autorités hiérarchiques en contrepartie d’une obligation de résultats. Les effets pervers attendus ne sont pas très difficiles à décrypter. Le système favorisera par effet cumulatif les établissements les mieux lotis qui seront en capacité d’atteindre aisément leurs objectifs, offrant par ce biais le cadre idéal à une contractualisation à double vitesse. Pour y remédier, la tentation sera grande aux établissements en difficulté (ou tout simplement et de manière plus prosaïque à la recherche de financements supplémentaires) de promouvoir une réussite factice au prix d’un abaissement des exigences et des ambitions. Une fois de plus la regrettable confusion entre démocratisation et massification sera opérée, les aspects comptables quantitatifs l’emportant par nécessité sur les préoccupations qualitatives de l’enseignement dispensé.

L’autonomie n’est surtout pas une mesure neutre. Elle n’est pas à confondre avec la liberté pédagogique qui existe déjà et donne bien des possibilités d’action pour qui veut l’utiliser à bon escient. L’autonomie se situe au cœur même de l’idéologie néolibérale. Elle génère de manière quasi mécanique le corollaire du libéralisme : un accroissement significatif des inégalités instaurant une « école à deux vitesses ». Dénonçons le vrai visage de l’autonomie, redoutable miroir aux alouettes à la fois moyen et finalité de l’entreprise de destruction de l’Ecole de la République. Elle n’est pas la solution, mais bien une cause et un symptôme du problème.

Enseigner, un métier qui s’apprend

Tribune du mois de février pour le magazine Champigny notre ville

La réforme de la formation des enseignants dite de « mastérisation » entrée en vigueur à larentrée 2010 fait déjà des ravages ! Dans les collèges t les lycées campinois, de jeunes enseignants sontdepuis septembre confrontés aux classes mais aussi à toutes les facettes du métier sans l’accompagnementpréalable et continu qui était jusqu’alors offert par a formation en IUFM.

En décembre, à la maternelle Marcel Cachin, un stagiaire inexpérimenté a été parachuté devant lesélèves avec pour tout outil sa bonne volonté et la conscience aigue du service public. Il venaitofficier en remplacement d’un collègue, lui-même remplaçant et prié d’aller voir ailleurs, pour pouvoircaser un des représentants de cette nouvellearmée de réserve de la précarité que représentent les enseignants stagiaires!

Les élus du Parti de Gauche se sont mobilisés avecles parents d’élèves et la FCPE pour s’opposer à ces remplacements contraires à l’intérêt des enfants.Occupation de l’école, lettre à l’inspecteur de circonscription, délégation reçue par Madame Rohé,adjointe de l’inspecteur d’académie. Rien n’y afait. Sourd à tous les arguments développés par les parents et les élus, l’inspection académique amaintenu l’enseignant stagiaire. Obstination qui traduit le fait que la « mastérisation » est une réforme éminemment idéologique, parfait condensé de l’offensivelibérale dans l’éducation.

La « mastérisation », c’est 8 000 suppressions de postes. 571 de plus sont annoncées à la prochainerentrée dans l’académie de Créteil. Ce sont aussides stages de prise en main d’une classe, proposés opportunément par des entreprises privées à800 euros la semaine, pour marchandiser un peu plusle secteur de l’éducation !

C’est surtout, conjugué à l’autonomie des établissements vantée par leslibéraux de tous poils, la mise en concurrence desétablissements et des personnels qui soumettrait l’Ecole au sacro-saint principe de la concurrencelibre et non faussée.Enseigner est un métier qui s’apprend.

La « mastérisation» est incompatible avec l’exigence républicained’une Ecole de l’égalité et de la réussitepour tous. Au côté des campinois-es déjà largement mobilisés sur cette question, les élus du Parti deGauche prolongeront la lutte.

Le statut des fonctionnaires est là pour garantir le service public et donc l’intérêt général

Communiqué de presse du Parti de Gauche du 7 janvier en réaction aux propos de Christian Jacob

Christian JACOB, porte parole du groupe UMP à l’assemblée nationale et ancien ministre de la fonction publique (2005-2007) vient de déclarer sur un ton faussement interrogatif « réfléchir à la pertinence de l’embauche à vie des fonctionnaires » et envisager «  à l’avenir, des contrats d’objectifs sur cinq ou dix ans qui permettraient à des gens de passer du secteur privé au secteur public et vice versa ».

Après le faux-débat sur les 35 heures livré lamentablement en pâture par Manuel Valls aux appétits de la droite, l’UMP s’attaque à un nouvel acquis social historique des travailleurs avec le statut de la fonction publique. Le même but est fixé : serrer la ceinture des travailleurs de ce pays, leur enfoncer la tête sous le sable.

L’unique but poursuivi par ce gouvernement carnassier est de réduire brutalement les dépenses publiques en renvoyant au secteur privé les activités de production de services. C’est pour cela qu’il s’attaque au statut de la fonction publique.

Le statut des fonctionnaires ne fait pas d’eux une « corporation privilégiée » mais est là pour garantir le service public et donc l’intérêt général ! C’est parce qu’il définit un emploi sur la continuité et le service et non pas sur le rendement, le profit et la compétition que le statut est ainsi combattu par les libéraux. C’est aussi le statut de la fonction publique qui garantit les fonctionnaires contre l’arbitraire et le favoritisme. On comprend ce que cela peut avoir de dérangeant pour l’oligarchie dirigeante.

En parallèle, les mesures envisagées par Christian Jacob nous promettent une nouvelle vague de précarisation dans la fonction publique alors qu’il y a déjà aujourd’hui 872.000 précaires dans ses rangs.

Et les libéraux peuvent une fois de plus compter sur l’Union européenne qui ne reconnait dans une jurisprudence que l’emploi des personnes, le statut étant vu comme une entrave à la liberté de chacun à postuler à chaque emploi.

Pour le Parti de gauche, il est nécessaire de mettre un coup d’arrêt aux politiques de destruction de l’emploi public, de déprécariser les emplois, de revaloriser les salaires, de redonner aux fonctionnaires la possibilité d’exercer leur mission au nom de l’intérêt général.

 François Cocq, secrétaire national du PG au service public, à l’éducation et à la formation

Paris, le 7 janvier 2011

2011 ou la construction de l’alternative au service du plus grand nombre

Il s’agit là de l’éditorial de la lettre n°76 de l’AGAUREPS-Prométhée qui me permet de présenter à mes camarades mes meilleurs voeux pour 2011.

Nous entrerons dans quelques semaines dans la dixième année d’existence de l’AGAUREPS-Prométhée. La traditionnelle présentation des voeux a toujours été pour nous l’occasion d’essayer de définir les enjeux majeurs des mois à venir. Et régulièrement, nous avons fait le constat que les échéances proches revêtaient des enjeux décisifs.De deux choses l’une. Soit, d’une façon narcissique, nous transformons en souhaits nos aspirations les plus militantes. Soit nous sommes dans une phase d’accélération de l’Histoire où les bouleversements sont tels qu’ils appellent une adaptation permanente et des réponses qui portent jusqu’au coeur même du système.Nous avons la faiblesse de penser que c’est cette deuxième option qui guide nos propos. A fortiori cette année où le jeu de domino exercé par la finance sur les économies européennes ces derniers mois tend à étrangler les peuples des nations du Vieux Continent.

Tout se dissout. Il n’y a plus de prise, plus rien n’est réel. Le Mecano géant promulgué par le FMI et ses valets de la Commission européenne fait payer par les citoyen-ne-s, au travers du remboursement de la dette publique à coup de plans d’austérité, les pertes privées subies à juste titre par les banques du fait de leurs spéculations inconséquentes et de leur soif de se gorger de crédits à la solvabilité factice. Non, rien n’est réel, sauf les conséquences pour les peuples et en premier lieu pour celles et ceux qui étaient déjà les plus fragilisés.

D’Athènes à Dublin en passant par Lisbonne ou Madrid mais aussi en des lieux où certains voudraient se croire à l’abri, c’est l’explosion du précariat qui asservit un peu plus le grand nombre aux desiderata des libéraux qui confortent par ce biais leur emprise.

Le désastre financier, la crise économique, les drames sociaux, tout cela conduit en parallèle à une crise démocratique dont on doit au plus vite mesurer l’ampleur. Pas parce que l’extrême droite, idiot utile, a été ressuscitée par les tenants du système de tous poils pour annihiler le resurgissement de la question sociale et pour masquer les désastres de la finance. Mais parce que le système dans son ensemble ne tient plus qu’à un fil. Parce qu’il a perdu aux yeux des peuples et à juste titre toute légitimité.

Comment pourrait-il en être autrement quand la mise en place du « semestre européen de coordination économique » s’impose aux parlements nationaux qui voient dès lors leur débat d’orientations budgétaires précédé par un avis et des recommandations européennes pour les guider, on le sait déjà, dans le sens du gel des salaires, de la baisse des cotisations sociales, de l’élévation de l’âge de départ à la retraite etc… ?Comment pourrait-il en être autrement quand on veut pérenniser en catimini un mécanisme de surveillanceet de mise sous tutelle européenne des économies nationales en ratifiant le Traité Lisbonne, encore hier intouchable, sans solliciter les peuples ?

Comment pourrait-il en être autrement quand le président du FMI, l’inégalable M. Strauss-Kahn, souhaitecréer une nouvelle instance non élue, indépendante (de qui ?) et illégitime, un « centre » comme il le dit lui même, à l’image de la BCE, pour gérer les politiques économiques de la zone euro ?

Oui, tout cela ne tient plus qu’à un fil car le désaveu est profond. Il s’exprime dans les urnes par une abstention plus massive que jamais, y compris dans les scrutins locaux pour lesquels on nous vantait pourtant jusqu’à présent les vertus du travail des « élus de terrain ».Tout cela ne tient plus qu’à un fil quand les mobilisations monstres des salarié-e-s, des étudiant-e-s, des citoyen-ne-s, en France et en Europe rencontrent au mieux une fin de non-recevoir morveuse, que ce soit par les chantres du libéralisme comme le Président Sarkozy ou par les porteurs d’eau du FMI comme Georges Papandréou, Premier ministre grec et président de l’Internationale socialiste.Tout cela ne tient plus qu’à un fil quand l’aspiration d’unité et de radicalité concrète qui parcourt ces mouvements ne trouve pas de débouché politique à même de l’incarner. La crise du capitalisme a pour corollaire celle de la social-démocratie qui existe au travers de lui.

Battre la droite, en France comme ailleurs en Europe, ne peut se faire en regroupant les « anti » comme on l’entend trop souvent. Si tel était le cas, les Sarkozy ou Berlusconi ne seraient plus là depuis bien longtemps.Le défi est dans la capacité que nous aurons à construire une alternative qui réponde à la mesure des enjeux. Le défi est de parler au grand nombre, qui souffre, qui s’abstient, qui n’y croit plus parce qu’on a préféré cibler un public électoraliste.Le défi, c’est de bousculer la donne, y compris électoralement, pour tuer le fléau du bipartisme et de son corollaire de personnalisation de la vie politique. Battre la droite pour changer de politique est une nécessité. Seule une gauche prête à faire tomber les digues qui corsètent l’urgence de la transformation sociale peut y parvenir.

Sur ces terrains, ce sont les idées qui nous feront avancer collectivement. L’AGAUREPS-Prométhée poursuivra avec ardeur sa tâche en ce sens. En 2010, nous avons montré une capacité démultipliée à intervenir dans le débat public. C’est le même esprit qui nous guidera en 2011. Modestement, à notre place, mais avec force et résolution.

Je te présente dans cet esprit combatif et au nom de l’AGAUREPS-Prométhée mes meilleurs voeux pour toi et les tiens pour cette nouvelle année.

François COCQ
Président de l’AGAUREPS-Prométhée
Décembre 2010

La culture de paix version campinoise

Tribune du mois de décembre pour Champigny notre ville

Pas de fausse félicité ! La fin d’année ne doit pas nous faire oublier l’instabilité d’un monde dont la paix n’a jamais été l’état de nature.

 

Les initiatives pour construire et conforter l’amitié et la solidarité entre les peuples revêtent donc une grande importance. A Champigny, à l’instigation notamment du Comité de Jumelage, démonstration a été faite ces dernières semaines que nous pouvons nous appuyer sur  l’implication et l’intelligence populaires.

 

Les journées internationales de la paix dans le monde fin septembre ont ainsi permis un échange approfondi et fécond entre les associations, des délégations nicaraguayenne et palestinienne, les élus et la population campinoise. Mieux, plus de 500 jeunes des centres de loisirs ont traduit ce moment de fraternité en un grand lâcher de ballons et par l’envoi de messages de paix.

 

A l’opposé du dénigrement de la culture affiché au sommet de l’état, preuve a également été faite que l’art rapproche et produit du commun. En atteste le succès de l’exposition Liens qui s’est tenue à la maison des arts plastiques du 28 septembre au 20 octobre en collaboration avec des artistes allemands. La conférence de Friedmann Seeger sur le Bauhaus, dont la maison des syndicats de Bernau est un exemple éclatant, a de même fait salle comble le 23 octobre à la médiathèque.

 

Ces succès sont à mettre au crédit de celles et ceux qui ont permis la tenue de ces évènements et qui savent que nous sommes riches de nos différences dès lors que l’on accepte de les confronter et de les partager : qu’ils soient tous ici remerciés.

 

A chaque fois, des actes forts ont été posés pour la culture de paix. Ils interviennent au moment où, pour toute politique internationale, notre gouvernement souscrit à la logique de la compétition économique et financière. Et Sarkozy de croire que c’est au G20, dont sont exclus 90% des pays de la planète, que se prépare l’avenir d’un monde meilleur !

 

Pour le Parti de Gauche, la paix est une construction politique. Parce qu’elle doit respecter la souveraineté populaire de chaque peuple, elle ne saurait sortir de l’OTAN, l’OMC, du FMI ou de toute autre instance internationale au service de la finance et de l’impérialisme américain.

 

La culture de paix mérite aussi une révolution citoyenne. Grâce à vous, elle est en marche à Champigny.

 

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